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Hémorragie émotionnelle

Ca y est, je ne suis plus la femme de sa vie.

Je suis l'une des.

Ca me fait mal et ça me déconstruit. D'aussi loin que nous venons, avoir été LA et non l'une me faisait exister, faisait de moi quelqu'un à part.

Maintenant je suis commune et noyée. Diluée.

Le je t'aime qu'il me donnera n'aura plus de saveur. Ca ne pourra plus être qu'un je t'aime commun. Un je t'aime de dictionnaire...

Un je t'aime qui ne veut plus rien dire puisqu'il le donne à une autre, avec autant, peut-être plus de sincérité.

Ca ne sera plus un je t'aime qui me réconforte, qui n'appartient qu'à moi. Un je t'aime qui faisait de moi quelqu'un de spécial, mais un mot qui fait mal, chargé d'échec et de vérité.

 

Ce n'est pas tant qu'il en existe une autre, que de savoir que j'existe moins.

 

Et pourtant cette situation je l'ai voulue, je l'ai encouragée et même souhaitée.

Je pensais pouvoir aimer avec concession. Aimer vraiment, en acceptant et encourageant que ses bonheurs ne passent pas tous par moi.

Je voudrais être cette femme là.

A mon grand étonnement je ne le suis pas.

 

Et pourtant cette situation je la lui ai faite vivre. Et ça ne m'apporte aucun recule.

 

Et pourtant je souhaite cette situation. Par culpabilité probablement plus qu'autre chose. Parce que ne plus être amoureuse de l'homme que l'on aime un beau matin, ça fait mal aussi.

En même temps que ma douleur naît l'apaisement de savoir que je ne lui vole rien.

Mais je n'avais pas calculé que ça me volerai quelque chose à moi. Quelque chose d'essentiel.

Tags associés : sommes

J'kaz !
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Dimanche 20 Avril 2008Poster un commentaire

Cette histoire m'aura fait connaitre l'amour dans tous ses aspects. J'ai appris; j'ai grandit.

Le seul endroit où je n'avais pas envie de grandir était pourtant celui là.

 

Nous nous sommes connus il y a 11 ans. J'ai tout de suite su que c'était lui. Il a tout de suite décidé que c'était moi.

Il était une émulation chimique pour moi, j'étais une équation pour lui. Mais nous avions construit notre bonheur là dessus.

Nous nous sommes mariés très vite, et de là est venu mon apaisement de la vie. J'étais LA de quelqu'un. Quelqu'un que j'aimais.

Peu importe ce que pouvait bien me faire la vie, il était là.

Plus besoin d'être à la hauteur, puisque lui m'aimait comme ça.

 

Pendant des années j'ai été abasourdie de voir qu'on pouvait aimer plus chaque jour, ne pas se lasser et se dire tous les jours que c'est aujourd'hui le plus beau jour de sa vie.

J'ai connu ça et je sais que c'est une chance inestimable. "le plus beau jour de ma vie, c'est tous les jours depuis que je le connais", je l'ai pensé, et je l'ai vécu.

Je pouvais pleurer sur la vie et grandir, puisque le seul pleur qui m'était insupportable ne faisait pas partie de ma vie.

 

Cette période a duré 8 ans. Une éternité, mais malheureusement pas une vie.

Puis nous sommes devenus parents. Et mon beau palais s'est transformé en chaumière.

C'est difficile d'habiter une chaumière quand on a connu le palais...

 

De princesse, je suis passée à une simple équation. "la vie veut qu'on se mari, qu'on enfante, et qu'on n'existe plus qu'à travers ça"

C'est comme ça qu'a été éduqué mon mari, c'est ce qu'il m'a fait vivre.

Moi, moi qui pensais être particulière. Moi qui pensais ne pas être une équation pour lui.

Lui, que j'aimais démesurément. Lui qui était ma vie.

 

Des années difficiles, et pourtant tellement communes.

Je déteste et ai détesté que nous puissions être si communs. Que nous, nous n'ayons pas fait ce pied de nez à la vie.

J'ai été malade, très malade. Malmenée par la vie, ignorée par tout le monde.

J'ai fait face, pour mon enfant, mais aussi parce que j'aime la vie. Je me suis accrochée de toutes mes forces à l'idée que la vie me rattraperait.

Et comme elle ne me rattrapait pas, je me suis jetée dans les bras du premier homme qui m'a regardé avec d'autres yeux.

Je me suis étonnée, je ne m'en pensais pas capable.

Je me sis doublement étonnée, je ne culpabilisais pas....

 

S'en sont suivi des années de doutes insondables.

 

 

Tags associés : raison, sentiments

J'kaz !
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Dimanche 20 Avril 2008Poster un commentaire

Et j'ai connu ça. Ce que l'on appelle le mal de vivre.

Ce moment de la vie ou l’on veut vivre, mais ou tout est douloureux.

Ce n'est pourtant pas dans ma nature. D'ailleurs j'ai surmonté, je me suis guérie toute seule et j'ai fait ma connaissance au passage.

Je suis heureuse de me connaitre. Pas très heureuse encore de connaitre certaines vérités de la vie, mais je me connais: j'en ferai mon affaire.

 

N'empêche que cette période là m'aura fait connaitre le plus gros traumatisme de ma vie.

Seule. Je ne l'avais jamais été.

J'avais plein d'amis, plein de connaissances. Une vie sociale presque hyperactive. On disait de moi que j'étais gentille, et on aimait m'avoir dans sa vie pour ça. En amitié, en connaissance, en amour, je pouvais, et je savais donner.

Pourtant ça m'avait toujours heurté que l'on puisse me voir comme ça, je ne savais pas trop pourquoi.

Ca faisait partie de mes angoisses.

Mais ça n'avait pas tant d'importance: je pouvais m'occuper des autres, parce qu'on s'occupait de moi.

Je pouvais donner plein d'amour et de compréhension, parce que j'étais aimée.

J'étais LA.

La femme de la vie de quelqu'un, pour ce que j'étais vraiment, au delà de ma "gentillesse"

 

J'ai appris avec le temps et la vie que mes angoisses étaient fondées. Certains sont fait pour donner, d'autres pour prendre.

Ma vie était faite de gens qui prennent, avec amitié, avec amour, mais qui ne donnent pas.

Qui ne donnent pas autre chose que ce qui provoque ce don de moi.

Et ce qui devait arriver arriva: dans le pire moment de ma vie, celui où j'avais besoin d'être entourée, aimée et aidée, dans ce moment ou la maladie me rongeait de l'intérieur, où je donnais toutes mes forces à mon bébé, j'étais seule.

Je ne pouvais plus donner, je n'avais plus de raison d'être aux yeux de qui que ce soit.

 

J'ai eu droit à ces choses qui font mal:

"sinon ça va toi ?"

"c'est un peu dur en ce moment tu sais..."

"ah oui. Sinon, t'es dispo pour faire ci ou ça pour moi?"

 

Et je n'ai eu que ça. Puis plus rien. Pas même ça...

 

J'ai été dispo, encore quelques temps.

J'ai été écœurée longtemps. A ne pas savoir faire la part des choses entre ce que me faisait vivre ma fatigue, ma maladie, mes peurs, toutes de retour.

Ce sentiment d'être coincée, parce que maman. De ne pas pouvoir partir, fuir pour vivre.

Mes journées ont été un cauchemar. Un cauchemar pervers: tout le monde pensait de moi que j'étais une femme chanceuse et capricieuse. J'avais tout, de quoi pouvais-je me plaindre ?

En façade une vie parfaite: un mari aimant (de façon officielle), une maison jolie, une frimousse jolie aussi, pas besoin de bosser pendant que d'autres triment parce que mon mari aimant m'offrait cette possibilité et me laissait ce choix...

Ce choix je ne l'avais pas fait. Comment aurais-je trouvé la force detravailler alors que je me battais pour la vie, pour que mon corps résiste et pour mon enfant ? Pour qu'il ne se rende compte de rien et qu'il vive ses jolis petits jours...

 

Les autres, ceux dont j'ai besoin pour exister, combien même ne me donnent-ils rien, me voyaient comme quelqu'un qui se plaint. Une chochotte.

Alors que je ne disais rien, que je n'allais jamais plus loin que ce "c'est difficile en ce moment"

J'aurais voulu crier que ça ne va pas, que je suis attaquée de l'intérieur, de l'extérieur, que je culpabilise de ne pas être à la hauteur, dans mon couple, comme maman et plus grave: à mes yeux.

 

Seulement voilà, je n'ai pas envie d'être une emmerdeuse, pas plus aujourd'hui qu'hier. Alors je me suis tue. Et je suis devenue complètement transparente.

J'étais encore "femme de", mais j'étais résumée à ça.

Seule. La solitude fait plus mal que tout. Surtout quand il y a plein de monde autour de nous.

 

Je me suis alors enfermée. Ne dormant plus pour avoir une part de vie à moi.

Le seul moment de la vie où je n’avais pas à être forte, à jouer. Ou je pouvais prendre soin de moi, puisque désormais j’étais la seule à m’en charger.

J'ai commencé une vie parallèle. Ma "relation extraconjugale" na pas duré, j'y avais mis un terme. Je ne voulais pas être cette femme là.

Pourtant, ce sentiment d’extraconjugal je ne l’ai pas ressenti. Normal : je conjuguais toute seule.

Mais ce qui a suivi n'a pas été plus brillant...

Tags associés : vivre

J'kaz !
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Dimanche 20 Avril 2008Poster un commentaire

A commencé une période entre épuisement et schizophrénie.

Pas pathologique, mais nécessaire. Pas recherchée, mais présente. Pas reconnue, mais vécue...

 

J'ai vécu comme on le ferait dans un livre. Comme ce que je suis en train de faire à l'instant, mais de façon non contrôlée: il y avait deux moi, celui qui doit se battre et faire face, celui qui n'a plus la force, et celui qui était faux mais essentiel.

J'ai vécu dans l'écrit.

Internet. Les gens qu'on y croise, les vies qu'on y croise. Meurtries elles aussi la plus part du temps, et jouées quoi qu'il arrive.

J'ai passé mes journées en apnée, trouvant la force de faire ce qui doit être fait dans un pilotage automatique.

J'ai eu des conversations entières sur ce mode là. des sourires, des rires même, des réactions... dont je n'ai pas le souvenir.

Pas plus qu'on ne peut dire combien de fois on appuie sur l'embrayage en conduisant une fois qu'on est garé.

C'est un automatisme...

Un automatisme que personne n'a repéré. Sauf moi.

 

J'ai passé mes nuits dans une comédie de moi. Une comédie de la vie. Et je me suis épuisée.

 

Est arrivé le jour où je n'ai plus pu faire face. Pour personne sauf pour mon enfant. Je ne répondais plus quand on me parlait. L'épuisement était tel que le simple fait de devoir entendre ou parler était une agression.

 

 

Et la vie m'a rattrapée, par la guérison, et par l'adition que j'ai fait payer.

Sans rancune, plus comme un constat. Mais c'était quand même une adition.

 

Mon mari a su.

Que je ne l'aimais probablement plus, que je ne le désirais plus et que ma maladie bientôt derrière nous n'y était pour rien, qu'il y avait eu quelqu'un d'autre...

Que désormais je comptais vivre, avec ou sans lui.

 

Mes amis on su: vous m'avez laissé tombé quand je vivais un cauchemar. Vous voulez de moi ? Moi je ne vous aime plus.

 

Ca m'a fait du bien. Du vrai. De la vérité, pas jolie, mais tellement vraie.

Fini de jouer.

 

Et j'ai réappris à aimer la vie. Ces petites choses qui font du bien.

J'ai appris à être une bonne maman à mes yeux et une femme, à mes yeux toujours.

Je me suis retrouvée, et j'ai réalisé à quel point je m'étais manqué...

 

Seulement cette période là aussi à été faite de ce doute insondable: pourquoi je reste là ? Comment peut on aimer un homme sans plus être amoureuse de lui désormais ?

C'était il y a un an.

 

Entre temps je me suis reconstruite. Sans concessions.

J'ai construit seule, puis on a construit  deux ce qui arrive aujourd'hui.

 

Tags associés : abime, prise

J'kaz !
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Dimanche 20 Avril 2008Poster un commentaire

Aujourd'hui.

Je fais ce que j'ai toujours fait: je ne dis rien. Je regarde ce qui arrive, et je relativise.

J'aime la vie. Mais je la trouve difficile.

Et pourtant, je l'aime.

 

Je regrette ma candeur d'avant. Mes illusions.

Aujourd'hui j'ai 33 ans, et mon enfance est finie.

 

Ce que mon mari et moi avons mis en place est quelque chose entre raison et sentiments. Probablement plus de raison ? Ca je n'ai pas encore le recule nécessaire pour le savoir.

J'ai eu souvent envie d'écrire ce qui nous arrive, pour moi d'abord, puis aussi pour témoigner, d'une certaine façon.

 

Ce n'est pas vraiment destiné à être lu, et pourtant je l'écris là, sur un blog plutôt que sur un fichier word caché...

 

Cette année passée j'ai eu une autre aventure. Une aventure que je je ne peux pas qualifier comme ça puisqu'il y a eu des sentiments partagés et qu'elle m'a fait renaître.

Mais une histoire difficile parce qu'au passage j'ai fait souffrir quelqu'un.

Quelqu'un qui m'a accompagné dans mes doutes, et a fait naître une certitude. Une certitude qu'il encaisse malheureusement en ce moment.

 

C'est cette relation là qui a fait tout éclater.

Je ne savais pas où j'en étais, sentimentalement parlant, et j'ai eu envie de refaire ma vie avec lui. Avant de me rendre compte que j'avais simplement envie de refaire ma vie tout court, que ma candeur était passée en même temps que mes illusions sur les amours naissants. Sur l'amour tout court.

Qu'en somme je ne pouvais, ni ne voulais lui apporter ce dont il a besoin.

 

C'est cette révélation qui a réveillé mon mari.

Le fait que je ne l'aime plus et ne le désire plus n'avait pas suffit: il a fallu que je lui échappe pour qu'il se réveille.

Un réveil dont je n'avais pas envie, je m'en rends compte.

Parce que déçue. Et il n'y a rien de pire que d'être déçue par quelqu'un que l'on aime. Rien de plus difficile à guérir.

 

J'ai eu envie de partir, parce que je voulais vivre, et que rester là, avec lui, ce n'était pas vivre.

Ce soir là il m'a demandé de faire un choix.

J'ai pleuré. J'ai pleuré pour cet homme que j'allais perdre, pour rester avec mon mari sans pour autant comprendre pourquoi je le faisais.

Pourtant, j'avais organisé un week-end rien qu'à nous, je l'avais emmené dans un hôtel spa, pour que nous ayons tout le temps de parler.

Je l'avais emmené là pour le quitter en douceur.

Comme si l'on pouvait quitter quelqu'un, le désavouer en douceur...

 

Il m'a fallu beaucoup de courage cette nuit là.

J'ai fini par y arriver.

"il faut que l'on parle sérieusement, j'ai quelque chose de difficile à te dire"

S'en sont suivi les "tu l'aimes ?"

Oui...

Puis la douleur que j'ai lu sur son visage.

Pourquoi cette douleur n'est venue qu'à ce moment là ? Pourquoi n'a t-il pas souffert de voir la femme qu'il "aime" mourir à petit feu à côté de lui ? Dans son lit, dans sa vie...

 

Pourquoi ne m'a t-il pas défendue avant ? Pourquoi ne s'est-il pas défendu lui même avant cette annonce là ?

Pourquoi ne m'a t-il pas demandé des comptes quand je lui ai annoncé que je l'avais trompé la première fois ?

Pourquoi alors que je venais de vivre un accouchement horrible, une césarienne avec anesthésie foirée, la conscience d'avoir le bide ouvert, les douleurs insoutenables qui vont avec, cette chose que l'on ne peut pas supporter d'avoir vécu même des années après... pourquoi ce jour là, ce jour où nous sommes devenus parents ensemble a-t-il répondu à tous ceux qui appelaient "tout s'est bien passé" ??

Pourquoi... tous ces pourquoi qui m'ont minée...

 

Ce jour là je suis repartie avec tous ces pourquoi, toujours en moi, mais avec ma première certitude: son visage plein de douleur m'avait laissée froide. Je ne l'aimais plus.

Et pourtant, j'allais faire le choix de rester avec lui.

 

Je suis sortie de cette nuit de difficile discussion avec un arrière goût désagréable: celui d'avoir parlé, mais de n'avoir toujours pas été entendue. Et pourtant c'était lui que je choisissais.

Dans la voiture est arrivée la phrase qui a tout fait basculer: "si tu n'avais pas su faire de choix, je t'aurais quitté et j'aurais tout fait pour que tu ne voies plus notre fils"

 

Stupeur.

Ce n'est pas lui l'homme que j'ai épousé. Ce n'est pourtant pas lui, il n'est réellement pas fait comme ça. C'est un homme de raison et de compromis.

C'était bien évidemment la douleur qui parlait. Fallait qu'il encaisse lui aussi.

Qu'il encaisse ce qu'il avait provoqué, mais il ne le savait pas. Pas encore.

 

On a récupéré notre bout de choux et on a fait comme si de rien n'était.

J'ai passé une nouvelle nuit à pleurer toutes les larmes de mon corps.  Cette fois ça y était, j'acceptais de voir.

Je ne pouvais pas vivre avec cet homme. Je ne pouvais plus.

La barre de l'insoutenable venait d'être franchie. Et les excuses et relativisation qui ont suivi n'y pouvait rien: ces mots là, les plus terrible que je pouvais entendre avaient fait plus de dégâts que tous ceux qui n'avaient plus été dits...

 

 

Tags associés : raisons, sentiments

J'kaz !
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Dimanche 20 Avril 2008Poster un commentaire
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