Je suis née 3 fois.
Et mon premier amour m'a apporté ce fabuleux cadeau de la première renaissance.
Nous nous sommes connus il y a 13 ans. J'ai tout de suite su que c'était lui. Il a rapidement décidé que c'était moi. Il était mon émulation chimique, j'étais son équation. Et nous avons construit notre bonheur là dessus.
Nous nous sommes mariés très vite, et de là est venu mon apaisement de la vie: j'étais pleine. J'étais LA de quelqu'un. Quelqu'un que j'aimais de la façon la plus complète dont je sois capable. J'aimais tout ce qui le composait. Ses pleins, ses creux, ses doutes, ses forces, ce qu'il était, sa façon de m'aimer, ce qu'il m'apportait, ce que nous étions chacun de notre côté, ce que nous étions ensemble.
Nos rires, nos envies, notre complicité.
Ses mains sur moi, ses envies dans ma vie, sa voix dans mon sommeil et son odeur dans mon quotidien.
Ma sérénité.
Nous...
La planète aurait bien pu s'effondrer que j'aurais trouvé l'expérience fascinante à ses côtés.
Pendant des années j'ai été abasourdie de voir qu'on pouvait aimer plus chaque jour, ne pas se lasser, ne pas être déçue, et se dire sans arrêt que c'est aujourd'hui le plus beau jour de sa vie. Abasourdie de vivre encore l'impatience d'entendre sa clé dans la porte si longtemps après nos premières fois.
Mon premier amour a duré 8 ans. Une éternité.
Une vie.
Puis l'agonie, suivie de la mort de celui que l'on aime et de toutes les saveurs qui allaient avec. La mort de l'innocence, de la douce naïveté du premier amour et de ses toujours.
Mon premier amour m'aura fait un deuxième cadeau: le douloureux cadeau de ma deuxième renaissance, celle qui me complète. Celle qui n'appartient qu'à moi.
Sans lui.
Celle de Moi avec les forces et les handicaps de ce Nous dans mes molécules.
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